

Si la reprise des activités sportives douces est compatible avec une arthroplastie totale de hanche, la pratique de sports d'impact élevé n'est pas toujours possible car parfois déconseillée par l'opérateur ou liée au type de prothèse implantée (prothèse de hanche conventionnelle).
C'est pour cela que la conduite à tenir après prothèse totale de hanche n'est pas consensuelle en ce qui concerne les sports d'impact élevé. En général, après une prothèse conventionnelle de hanche, certains sports sont fortement déconseillés : course à pied, ski nautique, football, rugby, handball, sports de combat, squash….
Or en 2011, la demande fonctionnelle concernant les prothèses de hanche est devenue de plus en plus importante, principalement chez les sujets jeunes. Les implants modernes et les techniques chirurgicales doivent donc, en ce sens, répondre à une demande sportive de plus en plus grande.
C'est dans cette optique, que l'essor du resurfaçage de hanche constitue une évolution spectaculaire notamment sur le retour aux activités sportives. Dans une conception moderne des prothèses, le resurfaçage permet chez des patients plus jeunes et plus actifs une reprise sans AUCUNE restriction des activités physiques et sportives.
L'absence d'usure à moyen terme, la qualité osseuse généralement bonne des sujets resurfaçés, la parfaite stabilité de l'implant, le maintien d'une excellente proprioception sont autant de facteurs permettant une récupération fonctionnelle très satisfaisante sans risque de descellement à moyen terme.
Il apparaît donc, qu'en 2011, la pratique de tous les sports et même ceux à impact élevé soit compatible avec l'arthroplastie de resurfaçage.
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Les sujets jeunes et actifs (et/ou sportifs) sont susceptibles de développer des lésions arthrosiques plus fréquemment que dans la population générale (Boyer et al. 1981). En effet, un lien a été établi entre la survenue d'une arthropathie dégénérative et la pratique sportive. Ainsi, la comparaison d'un échantillon d'hommes de plus de 40 ans ayant consulté pour une arthrose symptomatique avec un échantillon d'hommes indemnes d'affection articulaire a montré de façon significative un nombre plus élevé d'anciens sportifs dans le premier groupe. Dans cette étude, les patients sportifs avaient présenté de façon significative un nombre d'accidents musculo-squelettiques plus important au cours de leur pratique sportive que pour une population sédentaire.
De plus, le surmenage articulaire sportif revêt donc un rôle nocif indépendamment des traumatismes. La coxarthrose est un exemple illustrant cela. En effet, la hanche n'est que très rarement traumatisée chez le sportif (1,5% des cas (Demarais et al. 1979)), beaucoup moins que le genou. Vingard et al. (1993) ont ainsi analysé l'activité sportive antérieure chez 233 hommes opérés d'une PTH et âgés de 50 à 70 ans et apparié ce groupe à 302 personnes sans pratique sportive. Les sports de raquette et de piste sont de loin les plus exposés avec un risque relatif de respectivement 3,3 et 3,7. La même conclusion est retrouvée par Kujala et al. (1994) sur 2488 athlètes finlandais totalisant au moins 20 ans de pratique. Le risque relatif était de 1,8 pour les courses d'endurance, de 1,9 pour les sports de piste et de terrain et de 2,2 pour les sports de force (boxe, lutte…). Pour Marti et al. (1989) la proportion de coxarthrose chez le marathonien est de 19 % des cas après 15 ans de course à raison d'au moins 100 km de course hebdomadaire.
En tout état de cause, la fréquence de la coxarthrose apparaît comme supérieure chez les pratiquants de sports traumatisants par rapport à la population générale (Murray et al. 1975).
La pratique de sports à risque est cependant à rapprocher de l'hyper sollicitation de l'articulation coxo-fémorale dans une population non pas sportive mais très active comme les agriculteurs (Louyot et al. 1996). Ainsi, par rapport à des ouvriers sédentaires, le risque relatif de déplorer une coxarthrose chez un agriculteur est de 3,78 (Vingard et al. 1993) et de 9,3 par rapport à des employés sédentaires de bureau (Croft, 1992).
Cependant, il apparaît que deux études prospectives (Lane, 1995 ; Panush et al. 1986) soient plus nuancées sur ce risque accru d'arthrose. Ces études portent sur des amateurs de 50 à 75 ans ayant couru en moyenne 40 à 60 km par semaine (hors compétition de haut niveau). La survenue d'une arthrose du genou ou de la hanche n'apparaît pas plus importante que dans le groupe apparié. De même, une étude portant sur 504 coureurs de fond a montré l'absence d'association entre la pratique modérée de la course à pied et le développement futur d'une arthrose (Sohn, 1985). Konradsen et al. (1990) ont menés une étude radio-clinique chez des coureurs de fond (20 à 40 km hebdomadaire) qui n'a pas mis en évidence de lien entre cette activité et l'apparition d'une gonarthrose ou d'une coxarthrose.
Au final, mise à part ces dernières études rassurantes, il semble se dégager que le sport (surtout à haut niveau) constitue un facteur de risque non négligeable dans la survenue d'une arthrose à moyen terme (15 ans). Les sports présentant un facteur de risque de coxarthrose (sport à impact vertical répété) sont représentés par le football, le rugby, l'athlétisme, le tennis, la danse, le handball et le judo (Lequesne, 2004). Pour Lesquesne (2004), ces 7 sports ainsi que le marathon sont des activités sportives qui triplent le risque de coxarthrose après 10 ans de pratique intensive. Ce risque serait même multiplié par 10 pour Neyret et al. (1996) après 10 ans de pratique élevée (supérieure à 6 heures par semaine) et ce, quelque soit l'activité pratiquée (Neyret et al. 1996).
L'hypersollicitation de la hanche peut donc être secondaire à la pratique sportive mais aussi à un travail à fort impact. Ainsi, un travail considéré comme à fort impact sur la hanche accroît à lui seul le risque relatif. Ce risque est ainsi très élevé pour les fermiers (risque de 8) et de 5 pour les porteurs de charges lourdes. En général, ce risque est de 1,5 pour les femmes et de 3 pour les hommes quand les travaux debout comportent des port de charges, des montées d'escaliers ou des sauts (Lequesne et al. 1999).
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dernière mise à jour : 24 juillet 2011